[La crise financière] est globale car c’est le capitalisme mondialisé qui est frappé dans toutes ses dimensions, puisque tous les marchés sont affectés : les marchés financiers, les marchandises, le travail.
Il faut prendre la dimension de la gravité de cette crise, ne pas la sous-estimer. Souvenez-vous, la droite, il y a un an, lorsque la crise est née, la ministre de l’Economie et des finances s’en défendait, disant que c’était aux Etats-Unis –ce qui était vrai- et que cela ne viendrait pas chez nous. Puis, la crise est venue en Europe. Et on nous expliquait que nous étions protégés ! C’est comme Tchernobyl, cela passera à côté ! Et puis, la crise nous frappe et on nous affirme qu’il y a une politique, qu’il y a des réformes et qu’ils feront plus que les autres. Et bien, aujourd’hui, nous faisons moins que les autres. Mais il faut aussi ne pas simplement être dans le constat. Les dérèglements que nous vivons ne sont pas le produit de circonstances malheureuses ou d’un choc extérieur. Ils sont la conséquence de choix politiques : dérégulation des marchés, financiarisation de l’économie, désengagement des autorités politiques, privatisations, mises en concurrence des services publics…
Raison de plus pour appeler à des solutions qui relèvent de notre famille de pensée et qui renversent les rapports de force. Les libéraux, finalement, sont des pragmatiques. Aux Etats-Unis, ils ne se posent pas de questions. Ils en viennent maintenant, les conservateurs américains, à nationaliser le crédit. Les Anglais font des choix comparables, compte tenu de la gravité de la faillite bancaire. Et il y en a même, dans les pays gérés par les plus libéraux, qui inventent protection, voire protectionnisme.
Nous n’avons pas à prendre nécessairement ces options, mais à quand même justifier l’intervention de l’Etat, la coordination, la régulation… Bref, ce qui fait une politique économique de gauche et de progrès.
Ça va peut-être vous paraître fou, mais ce sont les mots de François Hollande, lors de son discours de clôture de l’Université d’été du Parti socialiste à La Rochelle. (Lire la suite…)