Privilèges et démocratie

Comme certains le savent déjà, Solidarité et Progrès ne présentera pas de liste pour les élections régionales en Rhône-Alpes.

La faute à un système de électoral français biaisé, censitaire et favorisant les partis en place.

Je m’explique, parce que ça vaut le coup de savoir comment, dans notre grande démocratie, les partis politiques sont financés et donc, comment on permet, ou pas, à un véritable débat publique d’avoir lieu, en particulier dans une période où l’ensemble de la classe politique française se trouve incapable d’agir face à la crise.

De mon point de vue, le financement de la vie politique française est une des causes, sans être la principale, d’un débat politique au ras des pâquerettes, dans lequel les « grands partis » perdurent malgré leur incompétence et les « hommes politiques » ressemblent plus à des super-commerciaux en recherche de voix à court terme, qu’à des serviteurs et représentants du peuple. Dans ce système, le renouvellement est quasi-impossible, l’émergence de nouvelles idées et de nouveaux partis déterminés par le bon vouloir des médias et des partis en place.

Comment les partis sont financés ?

Le temps où les adhésions et les dons des sympathisants représentaient la majorité des ressources des partis politiques est bien lointain. D’autant que même s’il est difficile de le mesurer, le désintérêt des français vis-à-vis de la « chose publique » n’est plus à prouver, tant l’abstention bas des records à chaque nouvelle élection.

Aujourd’hui (en 2008), la majorité des ressources des principaux partis français, excepté le Parti communiste (des restes des temps anciens), provient de l’argent publique versée par l’Etat :

Le point le plus important est de comprendre comment cet argent est attribué.

En fait l’Etat alloue 100 millions d’Euros chaque année aux partis politiques par 2 biais :
- La première moitié est versée au prorata du nombre d’élus à l’Assemblée nationale et au Sénat, ce qui correspond environs à 45000 euros par élu.
- La deuxième moitié est partagée entre les partis ayant présenté au premier tour des élections législatives au moins cinquante candidats ayant obtenu chacun plus de 1 % des suffrages, proportionnellement au nombre total de suffrages exprimés en leur faveur (ce qui fait, en gros, une somme de l’ordre de 1,5 euros la voix).

Pour la première fraction, vous imaginerez sans difficulté qui en profite, et pour la seconde, il suffit de savoir qu’une élection législative coute au grand minimum, du fait des tracts, des bulletins et des affiches a imprimer, 5000euros. 5000*50 (en imaginant faire 5% minimum à chacune)= 250 000 euros. Une broutille pour les partis ayant accès aux médias, aux prêts des banques assurées d’être remboursées et à la première subvention, une fortune pour les autres…

Pas étonnant donc que même un parti comme Solidarité et Progrès ne puisse pas faire campagne de partout en France pour les élections régionales :



Mais rassurez-vous, ce n’est pas cela qui va nous arrêter. Nous mettons toutes nos forces dans la liste que nous présentons en Bretagne…

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