Laval 1935

Les années 1930.
Alors qu’aux États-Unis, Franklin Roosevelt investit dans la modernisation de son pays, en France comme dans le reste de l’Europe, on parle de déficit, on cherche à faire des économies et on mène des politiques d’austérité.

Exemple : un certain Pierre Laval, Président du Conseil en 1935-1936, et sa politique de déflation, dont une des premières mesures sera « un prélèvement uniforme de 10% sur toutes les dépenses publiques. »

Un lien avec ce qui suivra ? En tout cas, on sait ce que l’homme politique auvergnat deviendra.

(Lire la suite…)

Les banquiers doivent-ils trembler devant Emmanuelli ?

Article que j’ai écrit pour le journal Nouvelle Solidarité du 9 juillet 2010 au sujet de la commission d’enquête sur la spéculation que va présider Henri Emmanuelli.

Haut les cœurs ! Plus d’un an et demi après les dernières, mais distrayantes auditions de la commission Migaud sur les causes de la crise financière (cf. NS du 17 juillet 2009) et alors qu’en Allemagne et aux États-Unis des solutions, telle une séparation stricte entre activités de banques de dépôts et de banques d’investissements (spéculatives), sont déjà sur la table, à l’Assemblée nationale française, réveillé par ces satanés voisins grecs, on sort finalement la tête de l’édredon, pour « s’interroger » sur ce qui a bien pu nous conduire dans la crise.

Appelant dans ces colonnes à la constitution d’une commission d’enquête parlementaire sur la crise financière depuis janvier 2009, nous ne pouvons qu’espérer que la tardive mise en place par nos députés, le 24 juin dernier, d’une commission d’enquête sur « la spéculation financière affectant nos économies », répondra aux exigences du moment, devenues bien pires qu’alors. Plus qu’un simple catalogue stérile, malsain et démagogique, elle devra pour être efficace, à l’image de la Commission Pecora de 1933-1934 aux États-Unis, faire « connaître au peuple (…) les pratiques de ses banquiers et l’étendue de leurs pouvoirs », ce qui créa alors « la base politique pour les mesures de redressement et de relance de l’Administration Roosevelt ». Nos députés ne devraient donc pas se (dé-)considérer comme de simples législateurs impuissants face à la réalité extérieure, mais comme des acteurs essentiels d’un changement d’ensemble du système devenu aujourd’hui indispensable. Cette ambition ne semble pas être très bien comprise. A nous de la nourrir.

(Lire la suite…)

Barack, si tu ne sais pas quoi dire…

Demain, Barack Obama deviendra le 44e Président des États-Unis.
Que va-t-il dire lors de son discours d’inauguration ?
Que va-t-il faire de sa présidence ?

Comme je ne suis pas voyant, je ne sais pas.
En revanche, ce que je sais, c’est ce qui a été dit et fait par Franklin Delano Roosevelt, dans une période pleine de similitudes avec celle dans laquelle nous sommes entrés. Et ça me semble pas mal.

Barack, si tu ne sais pas quoi dire demain, je te propose de lire le discours inaugural de Franklin Roosevelt du 4 mars 1933
(Merci Jean-Gab et Kevin pour la traduction), ça pourrait te donner des (bonnes) idées :

Président Hoover, monsieur le président de la Cour Suprême, mes amis :

Voici un jour de consécration nationale. Et je suis certain qu’en ce jour mes concitoyens américains attendent qu’à l’occasion de mon accession à la présidence, je m’adresse à eux avec la sincérité et la résolution qu’impose la situation présente de notre peuple.

C’est par dessus tout le moment de dire la vérité, toute la vérité, franchement et courageusement. Nous ne pouvons faire l’économie de l’honnêteté face à la situation de notre pays aujourd’hui. Cette grande nation résistera, comme elle a résisté, se relèvera et prospérera.

Donc, premièrement, permettez-moi d’affirmer ma ferme conviction que la seule chose dont nous devons avoir peur est la peur elle-même — l’indéfinissable, la déraisonnable, l’injustifiable terreur qui paralyse les efforts nécessaires pour convertir la déroute en marche en avant. Lors de chacune des noires heures de notre vie nationale, un franc et vigoureux commandement a rencontré cette compréhension et ce soutien du peuple même qui sont essentiels à la victoire. Et je suis convaincu que de nouveau vous lui donnerez votre soutien en ces jours critiques. (Lire la suite…)