Commission parlementaire sur la crise financière: Il est temps de passer aux choses sérieuses !

Nouvel article paru dans le Nouvelle Solidarité du 17 juillet 2009.

L’une des choses qui choqua le plus les âmes bien pensantes lorsque Ferdinand Pecora débuta ses auditions au Congrès américain, en 1932, pour déterminer les causes de la Grande dépression, c’est qu’il était vulgaire, rustre et impoli, tout le contraire des « respectables » banquiers auxquels il s’attaquait. Ce qui est sûr, c’est que depuis que la crise financière s’est déclarée, au milieu de l’été 2007, les membres de la commission des Finances, de l’Economie générale et du Plan de l’Assemblée nationale ont, eux, fait étalage de toute leur bonne éducation en interrogeant les responsables des principaux établissements bancaires français. Ce respect des convenances est révélateur de représentants du peuple, enkystés dans la règle du jeu et le monde des « élites », incapables de relever la tête et de voir cette population qui les a élus pour qu’ils défendent ses intérêts et assurent son avenir. Ce qu’il va falloir changer au plus vite.

Ce qui motivait Pecora, c’était d’exposer, aux yeux de tous, l’emprise mafieuse des intérêts financiers de son temps sur la République américaine, afin d’ouvrir la voie au véritable changement de système que conduira Franklin Roosevelt. Il fallait alors, comme aujourd’hui, comprendre les causes profondes de la crise et déterminer où étaient les responsabilités, afin de repartir sur des bases solides. Dans cette quête, ni compromis, ni respect indu, ni copinage : représentant l’autorité publique, c’était lui le patron.

Aujourd’hui, de quelle manière un Didier Migaud, président de ladite commission, considère-t-il son rôle, lorsque le 7 octobre dernier, il rend grâce à Charles Millaud, président du directoire des Caisses nationales des Caisses d’épargne, d’avoir bien voulu se déplacer, le remerciant « d’avoir maintenu cette rencontre avec la commission des finances, malgré un emploi du temps que nous savons très chargé… » ? Eh bien, il se considère à son service, comme Olivier Dassault qui lui demandera le plus simplement du monde, quelques minutes plus tard, quelles sont ses « attentes vis-à-vis des pouvoirs publics, plus particulièrement du Parlement ? En quoi pouvons-nous apporter des solutions concrètes aux difficultés que vous devez surmonter ? »

(Lire la suite…)