Les banquiers doivent-ils trembler devant Emmanuelli ?

Article que j’ai écrit pour le journal Nouvelle Solidarité du 9 juillet 2010 au sujet de la commission d’enquête sur la spéculation que va présider Henri Emmanuelli.

Haut les cœurs ! Plus d’un an et demi après les dernières, mais distrayantes auditions de la commission Migaud sur les causes de la crise financière (cf. NS du 17 juillet 2009) et alors qu’en Allemagne et aux États-Unis des solutions, telle une séparation stricte entre activités de banques de dépôts et de banques d’investissements (spéculatives), sont déjà sur la table, à l’Assemblée nationale française, réveillé par ces satanés voisins grecs, on sort finalement la tête de l’édredon, pour « s’interroger » sur ce qui a bien pu nous conduire dans la crise.

Appelant dans ces colonnes à la constitution d’une commission d’enquête parlementaire sur la crise financière depuis janvier 2009, nous ne pouvons qu’espérer que la tardive mise en place par nos députés, le 24 juin dernier, d’une commission d’enquête sur « la spéculation financière affectant nos économies », répondra aux exigences du moment, devenues bien pires qu’alors. Plus qu’un simple catalogue stérile, malsain et démagogique, elle devra pour être efficace, à l’image de la Commission Pecora de 1933-1934 aux États-Unis, faire « connaître au peuple (…) les pratiques de ses banquiers et l’étendue de leurs pouvoirs », ce qui créa alors « la base politique pour les mesures de redressement et de relance de l’Administration Roosevelt ». Nos députés ne devraient donc pas se (dé-)considérer comme de simples législateurs impuissants face à la réalité extérieure, mais comme des acteurs essentiels d’un changement d’ensemble du système devenu aujourd’hui indispensable. Cette ambition ne semble pas être très bien comprise. A nous de la nourrir.

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Retraites : Vive les vieux ! Vive l’industrie !

En avant-première, voici un petit article que nous venons d’écrire avec mon camarade Bebert. Il devrait paraitre prochainement dans le journal Nouvelle Solidarité.

Les caisses de retraites seront déficitaires à hauteur de 100 milliards d’euros par an en 2050. Sur ces projections, tous (UMP, PS, PC…) sont d’accord. Ils ont tort… si l’on considère que des hommes politiques dignes de ce nom doivent reprendre en main le destin de notre économie.

Pas besoin de chantage à l’allongement de l’âge de départ à la retraite, de menace à la taxation des « patrons » ou de reproches voilés aux plus vieux !

En abandonnant notre société post-industrielle et le pillage financier qui y est associé, et en engageant notre société dans une dynamique de progrès scientifique et industriel, en recréant sur dix ans les deux millions d’emplois industriels que nous avons perdus ces vingt dernières années, le problème sera réglé.

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Commission parlementaire sur la crise financière: Il est temps de passer aux choses sérieuses !

Nouvel article paru dans le Nouvelle Solidarité du 17 juillet 2009.

L’une des choses qui choqua le plus les âmes bien pensantes lorsque Ferdinand Pecora débuta ses auditions au Congrès américain, en 1932, pour déterminer les causes de la Grande dépression, c’est qu’il était vulgaire, rustre et impoli, tout le contraire des « respectables » banquiers auxquels il s’attaquait. Ce qui est sûr, c’est que depuis que la crise financière s’est déclarée, au milieu de l’été 2007, les membres de la commission des Finances, de l’Economie générale et du Plan de l’Assemblée nationale ont, eux, fait étalage de toute leur bonne éducation en interrogeant les responsables des principaux établissements bancaires français. Ce respect des convenances est révélateur de représentants du peuple, enkystés dans la règle du jeu et le monde des « élites », incapables de relever la tête et de voir cette population qui les a élus pour qu’ils défendent ses intérêts et assurent son avenir. Ce qu’il va falloir changer au plus vite.

Ce qui motivait Pecora, c’était d’exposer, aux yeux de tous, l’emprise mafieuse des intérêts financiers de son temps sur la République américaine, afin d’ouvrir la voie au véritable changement de système que conduira Franklin Roosevelt. Il fallait alors, comme aujourd’hui, comprendre les causes profondes de la crise et déterminer où étaient les responsabilités, afin de repartir sur des bases solides. Dans cette quête, ni compromis, ni respect indu, ni copinage : représentant l’autorité publique, c’était lui le patron.

Aujourd’hui, de quelle manière un Didier Migaud, président de ladite commission, considère-t-il son rôle, lorsque le 7 octobre dernier, il rend grâce à Charles Millaud, président du directoire des Caisses nationales des Caisses d’épargne, d’avoir bien voulu se déplacer, le remerciant « d’avoir maintenu cette rencontre avec la commission des finances, malgré un emploi du temps que nous savons très chargé… » ? Eh bien, il se considère à son service, comme Olivier Dassault qui lui demandera le plus simplement du monde, quelques minutes plus tard, quelles sont ses « attentes vis-à-vis des pouvoirs publics, plus particulièrement du Parlement ? En quoi pouvons-nous apporter des solutions concrètes aux difficultés que vous devez surmonter ? »

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Plan de relance du PS : « Yes, we can’t ! »

J’ai écrit cet article pour le journal Nouvelle Solidarité du 5 fevrier 2009.

« Pourquoi pas 100 milliards ? », ironisait cyniquement Patrick Devedjian à propos du plan de relance du Parti socialiste, version Martine Aubry.
Or, même à hauteur de 100 milliards d’euros, le plan d’action socialiste ne relancerait pas l’économie française. Pourquoi ? Parce qu’il reste dans le moule. Le problème n’est pas une question de sommes en jeu, mais une incapacité des « experts », de gauche ou de droite, à dépasser les dogmes anti-économiques qui nous ont conduits à la crise actuelle. Le cas du plan de relance socialiste est emblématique de cette prison mentale et émotionnelle, qui empêche la principale force d’opposition de reconnaître la faillite d’un système dans lequel la plupart d’entre-eux ont construit leur carrière. Ils se trouvent donc, entre leurs barreaux, incapables de poser les bases d’un projet compétent, porteur de développement des hommes et d’espérance.
Persuadés de la justesse de leur approche et, surtout, libérés du risque de voir leurs mesures appliquées, il est fort probable que les Socialistes soient convaincus de son efficacité. Droits dans leurs bottes, comme l’était un certain Jospin jusqu’au 21 avril 2002, jour de sa défaite aux élections présidentielles, grâce à un programme déjà élaborée par… Martine Aubry. (Lire la suite…)