Au delà du manichéisme

Qui a dit : Attention au « manichéisme » qui consisterait à « présenter les spéculateurs comme des méchants qui font des profits exorbitants » ?

Nicolas Sarkozy ? Dominique Strauss-Kahn ? Michel Pebereau ?

Non, il s’agit de Jean-François Mancel, le député UMP qui vient d’être nommé rapporteur de la commission d’enquête sur la spéculation qui serait censée poser les fondations d’une nouvelle orientation économique française et internationale. Ça donne confiance, n’est-ce pas ?

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Les banquiers doivent-ils trembler devant Emmanuelli ?

Article que j’ai écrit pour le journal Nouvelle Solidarité du 9 juillet 2010 au sujet de la commission d’enquête sur la spéculation que va présider Henri Emmanuelli.

Haut les cœurs ! Plus d’un an et demi après les dernières, mais distrayantes auditions de la commission Migaud sur les causes de la crise financière (cf. NS du 17 juillet 2009) et alors qu’en Allemagne et aux États-Unis des solutions, telle une séparation stricte entre activités de banques de dépôts et de banques d’investissements (spéculatives), sont déjà sur la table, à l’Assemblée nationale française, réveillé par ces satanés voisins grecs, on sort finalement la tête de l’édredon, pour « s’interroger » sur ce qui a bien pu nous conduire dans la crise.

Appelant dans ces colonnes à la constitution d’une commission d’enquête parlementaire sur la crise financière depuis janvier 2009, nous ne pouvons qu’espérer que la tardive mise en place par nos députés, le 24 juin dernier, d’une commission d’enquête sur « la spéculation financière affectant nos économies », répondra aux exigences du moment, devenues bien pires qu’alors. Plus qu’un simple catalogue stérile, malsain et démagogique, elle devra pour être efficace, à l’image de la Commission Pecora de 1933-1934 aux États-Unis, faire « connaître au peuple (…) les pratiques de ses banquiers et l’étendue de leurs pouvoirs », ce qui créa alors « la base politique pour les mesures de redressement et de relance de l’Administration Roosevelt ». Nos députés ne devraient donc pas se (dé-)considérer comme de simples législateurs impuissants face à la réalité extérieure, mais comme des acteurs essentiels d’un changement d’ensemble du système devenu aujourd’hui indispensable. Cette ambition ne semble pas être très bien comprise. A nous de la nourrir.

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Le PS à la Star Ac’ !

Le PS vient d’avoir une idée !

Évidemment rien à voir avec des solutions efficaces à la crise financière, au développement d’une alternative à l’austérité qui s’abat.

Toujours incapable de gagner des militants sur un programme, c’est sur la com’ qu’il se tourne.

Le problème, c’est qu’on a un peu l’impression d’un truc au rabais. Alors que l’UMP se lançait dans le tragi-comique il y a quelques mois avec son lipdub ministériel, c’est par simple bande sonore que le PS expose ses « valeurs » et nous explique gentiment qu’ « il est temps de tourner la page ».

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DSK, l’homme qui monte…à droite

D’après un sondage Ipsos réalisé les 21 et 22 mai, Dominique Strauss-Kahn serait la 3e personnalité politique préférée des sympathisants de l’UMP, avec 76% d’opinions favorables, contre 66% à gauche.

Étonnant, non ?

C’est pas gagné

21 régions sur 22 remportées, 53,85% des suffrages au niveau national (un record depuis 1981 et le deuxième meilleur résultat de la gauche depuis la création de la Ve République), les résultats des élections régionales ont tout d’un nouveau raz-de-marée rose. Et pourtant, parler de victoire me semble excessif, voire complètement à côté de la plaque.

Tout d’abord, comment peut-on se gargariser d’un résultat électoral n’ayant mobilisé que la moitié des électeurs potentiels ? En pleine crise économique, on peut imaginer que les gens sont plus portés vers la chose publique, normalement volontaire à proposer des solutions efficaces et mobilisatrices. Ce ne fut pas le cas. De ce point de vue là, c’est un échec de l’ensemble de notre classe politique et de la gauche en particulier, qui pouvait s’appuyer sur un début de rejet des « réformes » d’austérité du gouvernement Sarkozy. Certes, les résultats sont sans appel pour la gauche (et évidemment, je préfère qu’il en soit ainsi), mais ne représente que la partie de la population (toujours en diminution), qui suit, s’intéresse et croit en nos élites politiques, et encore, je compte là-dedans le vote FN qui, je l’espère encore, est en grande partie, plus un vote de désespoir que de conviction.

Ensuite, et c’est bien là le plus important, gagner des élections, ok, mais pour quoi faire ?

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